« Ce n’est pas le stress qui nous tue, c’est notre façon d’y réagir. »
Hans Selye
« Ne stresse pas », « reste zen », « relativise »…
Ce sont des phrases que l’on entend souvent quand on est stressé. Mais soyons honnêtes : est-ce que ça aide vraiment ?
Quand le stress s’installe, on le sent bien : il prend de la place, il envahit l’esprit, parfois même le corps. On peut se sentir tendu(e), fatigué(e), paralysé(e). Et de plus en plus de personnes quittent leur travail parce que le stress devient trop lourd à porter.
Alors, que faire ?
Avant de chercher à le faire disparaître, commençons par comprendre comment le stress fonctionne.
Comprendre le mécanisme du stress
À l’origine, le stress est un concept biologique. Hans Selye, biologiste, décrit dès 1936 ce qu’il appelle le syndrome général d’adaptation. Il observe que l’organisme réagit de la même manière face à différents types d’agressions ou de déséquilibres.
Autrement dit, le stress est une réponse normale de l’organisme face à une situation perçue comme déséquilibrée, menaçante ou trop exigeante.
Dès que nous percevons un écart entre ce que la situation demande et nos ressources, une réaction de stress se déclenche. Cette réaction n’est pas mauvaise en soi : elle vise à nous aider à nous adapter.
Le modèle du Syndrome Général d’Adaptation (SGA) de Selye
Selon Hans Selye, face à une situation stressante, l’être humain traverse généralement trois phases:
La phase d’alarme
C’est la réaction immédiate. La situation surprend, déstabilise.
On peut se sentir figé(e), débordé(e), sous le choc. Le corps et l’esprit se mettent en alerte.
La phase de résistance
Si la situation stressante dure, on entre dans une phase d’adaptation.
On tient bon. On s’adapte. On fait face.
Cette phase peut durer longtemps, parfois des mois ou des années. On mobilise beaucoup d’énergie pour continuer, souvent sans s’en rendre compte. C’est ici que l’on « encaisse ».
La phase d’épuisement
Lorsque le stress se prolonge trop longtemps sans récupération suffisante, l’organisme s’épuise.
C’est la phase de l’effondrement : fatigue intense, perte de motivation, troubles physiques ou émotionnels, parfois burnout.
C’est aussi la phase dont il est le plus difficile de sortir. D’où l’importance d’agir avant, dès la phase de résistance.
Courbe du stress
Le stress n’est pas toujours négatif. À faible dose, il peut stimuler, motiver, aider à la performance.
Mais au-delà d’un certain seuil, il devient contre-productif et délétère.
Quand la pression dépasse nos capacités d’adaptation et qu’aucun espace de récupération n’est possible, la performance chute… et le mal-être s’installe.

Comment agir face au stress?
Charge de travail, rythme soutenu, conflits, manque de reconnaissance, isolement…
Le stress au travail peut avoir de nombreuses sources.
La première étape est essentielle : reconnaître que l’on est stressé(e) et accepter de ne pas aller bien.
Pour développer sa résilience face au stress, il est utile de :
- Évaluer son niveau de stress et écouter ses émotions (peur, découragement, tristesse, irritabilité…)
- Identifier ses déclencheurs de stress : dans quelles situations, avec quelles personnes, dans quels contextes
- Observer ses réactions automatiques face au stress (fuite, suradaptation, agressivité, hypercontrôle…)
- Repérer les schémas qui se répètent dans le temps
Une fois ces éléments identifiés, il devient possible de mettre en place des stratégies d’adaptation adaptées à sa situation, à ses ressources et à ses objectifs.
Il ne s’agit pas de supprimer le stress à tout prix, mais d’apprendre à mieux le comprendre, à l’écouter… et à agir avant qu’il ne prenne toute la place.
