« Tu es trop timide. »
« Tu ne t’exprimes pas. »
« Tu devrais plus t’affirmer. »
« On ne t’entend pas. »
Ces phrases vous sont familières ?
À force de les entendre, quelque chose peut se fragiliser. Pas immédiatement. Mais doucement.
La confiance.
Ces remarques qui fragilisent la confiance
Au travail, quelqu’un d’autre est promu. Vous savez que vous êtes compétent(e), impliqué(e), mais vous êtes plus discret(e). Et vous vous demandez si, pour être reconnu(e), il faudrait parler plus fort… ou être quelqu’un d’autre.
Souvent, l’introversion est confondue avec de la timidité ou un manque de confiance en soi. À force, ce regard extérieur peut s’infiltrer à l’intérieur.
On commence à douter. À se comparer. À se demander si l’on est « comme il faut ».
Et ce doute n’est pas toujours visible. Il s’installe en silence.
Dans notre société — et particulièrement dans le monde professionnel — un modèle est largement valorisé : être visible, parler facilement, prendre beaucoup de place, s’exprimer vite et souvent.
Quand le décalage devient blessant
Quand on ne s’y reconnaît pas, le décalage apparaît.
On se compare.
On doute de soi.
On se demande si l’on est légitime.
Sans le vouloir, cela peut être vécu comme une mise à l’écart.
Une injustice.
Une dévalorisation.
Parfois même comme un échec personnel.
Essayer de rentrer dans le moule
Pour être reconnu(e), beaucoup de personnes introverties finissent par essayer de s’adapter.
Parler plus.
Réagir plus vite.
Se montrer autrement.
Mais se forcer à fonctionner contre soi-même a un prix.
Cela fatigue. Cela épuise.
Et surtout, cela brouille le sentiment de légitimité.
Peu à peu, une idée peut s’installer : pour être accepté(e), il faudrait être quelqu’un d’autre.
L’introversion n’est pas un manque de confiance
Être introverti(e) n’est pas un défaut.
Ce n’est pas un manque de confiance, ni le fait de « vivre dans son monde ».
C’est simplement une manière de fonctionner.
Une façon différente de gérer son énergie, de réfléchir et d’entrer en relation avec les autres.
Mettre des mots sur cela aide souvent à se regarder autrement.
Non pas pour se coller une étiquette, mais pour comprendre que ce que vous pensiez être un problème a en réalité du sens.
Et parfois, cette prise de conscience suffit déjà à faire revenir un peu plus de confiance.
Concrètement, comment prendre sa place quand on est introverti(e) ?
Comprendre son fonctionnement
La première étape est de reconnaître que l’introversion n’est pas un manque de confiance en soi.
C’est une façon de fonctionner.
Être introverti(e), c’est puiser son énergie à l’intérieur, réfléchir avant de parler, observer, donner du sens.
Ce n’est pas moins.
C’est différent.
Cultiver la présence
Les personnes introverties peuvent parfois partir dans leurs pensées, surtout dans des environnements très bruyants.
Apprendre à revenir au moment présent permet de se sentir plus ancré(e).
Des pratiques comme la méditation ou la respiration consciente peuvent aider à cultiver cette présence, sans chercher à se transformer.
Juste être là. Pleinement.
Ne pas rester sans voix
Prendre sa place ne veut pas dire parler tout le temps.
Mais ça veut dire ne pas se taire quand quelque chose compte vraiment pour vous.
Quand une situation vous semble injuste, vous avez le droit de le dire.
Si l’émotion est trop forte sur le moment, c’est normal. Inutile de vous forcer.
Prenez le temps de laisser retomber la pression, puis exprimez-vous calmement, avec vos mots.
Souvent, c’est bien plus clair — et bien plus entendu — qu’une réaction à chaud.
S’entourer et investir dans les relations
Les relations comptent beaucoup quand on est introverti(e).
Pas besoin d’en avoir beaucoup, mais elles ont besoin d’être vraies.
Être entouré(e) de personnes avec qui vous pouvez être vous-même, sans jouer un rôle, aide à se sentir soutenu(e)… et plus légitime.
Prendre sa place ne se fait pas seul(e).
Ça se construit aussi grâce aux liens que l’on crée.
Prendre sa place quand on est introverti(e), ce n’est pas devenir plus bruyant(e).
C’est apprendre à se respecter dans sa manière d’être, de penser et d’agir.
Quand on comprend son fonctionnement et qu’on s’autorise à être soi, la confiance va peu à peu se reconstruire.
Et prendre sa place devient alors quelque chose de plus juste, plus apaisé, plus aligné.
Mettre des mots sur son fonctionnement permet souvent de changer de regard et de retrouver de la justesse.
Des grilles de lecture comme le MBTI® peuvent aider à mieux se comprendre, sans se définir ni se limiter.
